Empreintes digitales…

Principes de base

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On voit de plus en plus souvent dans les revues des articles montrant des photographies digitalisées grâce au Macintosh. Seulement voilà, le résultat montré n'est pas souvent au niveau des prétentions des auteurs de ces articles. En effet on nous montre surtout des effets de mosaïque dignes du graphisme videotext et non pas des images ayant la qualité requises pour être reproduites décemment dans un magazine! De quoi faire fuir l'acheteur éventuel de scanners... Rassurez vous, il est tout à fait possible de réaliser des photographies décentes mais il faut connaître d'abord quelques principes de base.
Armés de notre théorie nous avons affronté directement la linotronic, juge suprême - et impartial - en la matière. Le résultat a tout de suite été celui escompté...
Dans notre monde quantitatif, les esprits simples se laissent vite abuser par les chiffres, surtout s'ils sont gros. Mais les nombres peuvent cependant être nos alliés - si nous savons nous en servir à bon escient.

DEUX TYPES DE DIGITALISATION

Il faut savoir ce que l'on veut digitaliser. S'agit-il d'une photographie contenant des niveaux de gris ou d'un dessin en noir et blanc? Selon le cas il faut procéder différemment.

Digitalisation d'un original en noir et blanc.
Si l'information que vous devez recopier d'un original - le scanner n'est pas différent du principe de la photocopie - est binaire (cas du noir et blanc) vous devez digitaliser en bitmap avec une information par point. Au début nous ne disposions que d'un format graphique à 72dpi (PAINT). Vint ensuite le TIFF qui permet de faire du bitmap en 300dpi (points par pouce) et même mieux. Vous devez donc digitaliser votre original avec la meilleure résolution possible: 300dpi, ou même 600dpi (jusqu'à 2540 en fait puisque c'est la limite actuelle de la Linotronic). C'est ainsi que vous obtiendrez le meilleur résultat possible. Mais attention votre fichier sera énorme! Le principe de base est d'utiliser la meilleure résolution possible: celle de l'imprimante que vous utiliserez en fin de travail.

Digitalisation d'un original en niveaux de gris ou couleurs
Là l'enjeu devient tout à fait différent. Vous devez savoir que pour imprimer les gris on a recours à un procédé visuel qui consiste à utiliser des trames contenant un certain nombre de points pour simuler chaque pourcentage de gris. On mesure ces points en comptant le nombre de lignes qu'il forment par pouce (lpi - désolé pour l'étalon de Breteuil: qu'il se console avec ses juments). Seulement il faut savoir une chose essentielle: pratiquement aucune presse offset n'arrive au-delà de 150lpi (sauf certaines pour des tirages de très grand luxe). Il est donc tout à fait stupide (que ceux qui ne le sont pas et l'ont fait nous en excusent) de digitaliser à 300dpi une photo qui finira par être imprimée à 150lpi au mieux (et souvent moins). C'est pour le moins du gaspillage. En fait à 120lpi, on commence à avoir des résultats corrects (tout dépend de la qualité de l'original). Mais comme vous allez le voir ces chiffres ne sont valables que pour la Linotronic.
Pourquoi cela? Vous voulez sans doute des explications rationnelles. Il suffit de faire un calcul digne du cours moyen première année... et de connaître la donnée essentielle en matière de digitalisation de niveaux de gris: l'échelle de gris! Il vous faudra ensuite jouer entre l'échelle de gris disponible sur votre scanner et celle que permet l'imprimante choisie (LaserWriter ou Linotronic).
Il existe déjà des scanners 24bits aux USA, mais sachez que les 8bits sont déjà disponibles sur le marché français et peuvent interpréter 256 niveaux de gris par document. D'autres en interprètent 64, 32, 16... Les plus courants sont les 4bits à 16 niveaux de gris. ThunderScan possède 32 niveaux de gris, ce qui est déjà convenable, comme en témoigne les reproductions sur cette page, toutes réalisées avec ThunderScan.
La définition de votre image dépendra essentiellement du nombre de niveaux de gris reproductibles à l'impression. Celui-ci est en rapport étroit avec le nombre de lignes par pouce que peut assurer votre imprimante. Ainsi dans le cas d'une LaserWriter qui peut imprimer 300dpi, si vous choisissez 150lpi (on dit tramage, lignature ou même fréquence de trame...) vous disposerez de cellules de 2 points sur 2 pour représenter les valeurs de gris. Cela vous donne 2 x 2 = 4 cellules de points soit 4 valeurs de gris alors que votre scanner en a enregistré 32 par exemple! Votre photo sera illisible et ressemblera à une mosaïque de carrés gris...
Il vous faut choisir au contraire le tramage permettant la meilleure valeur de niveaux de gris sans perdre trop sur la résolution (dans tous les cas vous vous apercevrez que la LaserWriter à 300dpi ne suffit pas pour ce genre de travail).

Pour faire votre choix voici la formule à utiliser:

tramage = résolution imprimante / niveaux de gris

et la relative:

niveaux de gris = [résolution imprimante / tramage] 2

(excusez nous: nous n'avons pas encore Mathematica pour les formules...){et maintenant nous avons HTML!}

Ainsi en sachant déjà quel est le nombre de gris qu'autorise votre scanner et le nombre de points qu'autorise votre imprimante, vous saurez quelle est la valeur de trame qui donnera le meilleur résultat.
Par exemple si vous utilisez ThunderScan (32 niveaux de gris) avec LaserWriter (300dpi), la trame idéale est:
300 / 32 = 53lpi (ce qui est comme par hasard la valeur par défaut des réglages de PageMaker!)
Avec le scanner d'Apple et pas mal d'autres vous choisirez:
300 / 16 = 75lpi
Dans certains cas - même avec un scanner à 32 niveaux de gris - vous pourrez volontairement augmenter le tramage et sacrifier des niveaux de gris (notamment quand l'original en contient peu). C'est là la liberté de création que nous vous laissons!
Conséquence sur la résolution de digitalisation avec impression sur LaserWriter:
Il est inutile avec un scanner à 32 niveaux de gris de digitaliser à plus de 53dpi! De même avec un scanner à 16 niveaux de gris, il est inutile de digitaliser à plus de 75dpi. Vous pourriez évidemment le faire mais votre fichier contiendrait des informations inutiles et serait d'autant plus gros et long à imprimer! Vous comprenez maintenant que digitaliser à 300dpi avec un scanner Apple une photo qui va être imprimée à 75dpi relève de l'ignorance moyenâgeuse et donne généralement des fichiers gigantesques...

A titre d'information sachez (vous pouvez d'ailleurs maintenant faire ce genre de calcul) que la Linotronic 300 (2540dpi) peut facilement imprimer une photo contenant 256 niveaux de gris à 150lpi. Elle pourrait même atteindre 158,75lpi mais vous savez maintenant que c'est inutile à cause du retard de la technologie offset...


back other top Michel Coste <mic@micmac.com>

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