Notre dossier: Domaine Public

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DOMAINE PUBLIC?

Ces deux mots évoquent sans doute quelque chose pour vous. Même si vous ne les avez pas découverts avec le premier numéro de MICMAC en avril 1985, vous pensez immédiatement à des logiciels intéressants et pas chers ou bien à des logiciels sans grande valeur. Tout dépend de l'expérience que vous avez eu. Il faut dire que depuis que nous avons introduit les logiciels du Domaine Public pour Macintosh en France, beaucoup ont flairé la bonne affaire: il suffit de copier avec le Finder des logiciels, procurés de-ci, de-là, sur une disquette et de les reproduire à un certain nombre d'exemplaires. Ensuite avec un peu de publicité ou le soutien de copains bien placés, on gagne de l'argent aisément, d'autant plus qu'il n'y a aucun travail effectué, aucun choix, aucun discernement. Evidemment, le résultat est médiocre et beaucoup d'entre vous se sont jurés qu'on ne les y reprendrait plus. Cela discrédite les logiciels du Domaine Public et le travail des éditeurs sérieux. Mais nous y reviendrons plus tard.

En fait il peut être dangereux d'assimiler toutes les catégories dont nous allons parler sous le terme générique de "Domaine Public". Mais nous le faisons dans ce sens que nous en percevons surtout l'essentiel: le mode de distribution comme radicalement différent de celui du domaine commercial.

Certains assimilent "Domaine Public" à pécadilles sans importance alors qu'il s'agit d'une catégorie de programmes qui sont soit bons, soit mauvais, soit entre les deux, exactement comme dans le domaine commercial.

La différence importante est dans le mode de distribution d'une part et dans la définition du produit considéré d'autre part. Celui-ci est très rarement issu d'une étude de marché mais la plupart du temps d'une fantaisie de l'auteur ou d'un besoin réel.

Il ne s'agit jamais d'applications. Vous ne verrez pas de bases de données ni de processeurs de mots dans le Domaine Public, ni en Freeware, ni en Shareware. La raison principale est que de telles applications trouveront toujours un éditeur et qu'on ne peut mener à bien ce genre de travail sans soutien économique.

Le Shareware bien conçu suppose un produit fini, débugué et prêt à l'emploi. Ce qui n'est parfois pas le cas d'applications commerciales...

QU'EST-CE QUE LE DOMAINE PUBLIC ?

Cette expression s'étend bien au-delà des logiciels puisque la plupart du temps lorsque vous marchez sur un trottoir, vous êtes dans le domaine public... Dans le secteur qui nous concerne, l'expression Domaine Public concerne avant tout le mode de distribution.

En effet il y a deux types de logiciels, les Freeware et les Shareware. [Cela se complique incidemment du fait qu'au début (en 85) les logiciels de la deuxième catégorie étaient définis par le premier terme! (cf MiCMAC n°1)].

FREEWARE

Il y a plusieurs types de logiciels dans cette catégorie. Ce qui les rassemble est le fait que l'auteur ne réclame pas d'argent.

Il y a tout d'abord les logiciels qui ont été mis dans le Domaine Public par leur auteur littéralement; c'est à dire abandonné par lui sans même qu'il les signe de son nom. L'auteur abandonne tout droit dessus.

Il y a ensuite les logiciels signés par leur auteur sans plus d'indication.

Puis les logiciels avec un copyright et le nom de l'auteur sans autre précision. Il va de soi que rien ne distingue ces logiciels de logiciels commerciaux puisque ceux-ci ne porteront aussi que la mention ©. Ce qui amène certains éditeurs ignares à franchir le pas en distribuant des logiciels commerciaux (parce qu'ils n'ont pas les capacités requises pour les reconnaître! ) en les faisant passer pour "du" Domaine Public".

Ensuite les logiciels copyrightés avec restriction, c'est à dire que l'auteur - tout en mettant son logiciel dans le Domaine Public - se réserve tous les droits dessus, y compris celui d'interdire la distribution par certains ou même de finalement diffuser commercialement une version ultérieure.

Beaucoup d'autres interdisent que l'on vende leur logiciel c'est à dire que quelqu'un s'en empare, le transformant en logiciel commercial, et le diffuse comme un autre logiciel. Des auteurs visent même explicitement certaines sociétés commerciales qui pratiquent cela, mais comble de l'ironie, on peut trouver les logiciels comportant cette interdiction en vente chez ces mêmes sociétés...
Beaucoup également interdisent que l'on se serve de leur logiciel afin d'inciter à l'achat d'un autre produit. Cette dernière clause semble être assez souvent violée car on ne compte plus les marchands de disquettes ou autres produits qui appâtent le chaland avec "du" logiciel gratuit.

SHAREWARE

Le procédé - même s'il aboutit apparemment au même résultat: des logiciels sur une disquette - est tout à fait différent. Il s'agit pour l'auteur d'atteindre l'utilisateur en empruntant le réseau de distribution public. Le shareware peut être envisagé de plusieurs façons.

soit, il s'agit d'une méthode de marketing. Cela a été l'approche de compagnies comme CE SoftWare et Freesoft. Une fois que l'utilisateur s'est fait recenser en envoyant l'argent demandé, il reçoit une disquette avec la dernière version.

soit, il s'agit de Shareware à l'état pur. L'auteur ne fait pas de business. Il n'envoie pas de disque bien que vous ayez envoyé l'argent. L'argent est pour la licence d'utilisation et cela est bien clair. Vous avez généralement droit d'office à toutes les version ultérieures. A vous de vous les procurer par votre réseau préféré. C'est par exemple la façon exacte dont procède David Dunham.

POURQUOI DES FREEWARE ?

Et bien disons que dans un grand nombre de cas, les auteurs de Freeware les ont d'abord développé parce qu'ils en avaient besoin, et qu'ensuite ils n'ont pas voulu les garder rien que pour eux. D'autres veulent montrer ce qu'ils savent faire. D'autres encore aiment donner.

POURQUOI DES SHAREWARE ?

Le cas est différent, il semble que l'auteur ait pensé dès le départ à un logiciel commercial (c'est ce qu'est en fait un Shareware même si la forme de transaction est inhabituelle). Certains ont même proposé leur logiciel à une maison d'édition mais soit celle-ci a refusé, soit elle a fait faillite.

Le succès venant, certains auteurs de Shareware ont rejoint le réseau commercial comme par exemple Scott Watson. Mais il faut remarquer que dès le début ils avaient leur société commerciale.

LA DISTRIBUTION?

Cela est bien clair. Les auteurs de logiciels qui les donnent ne veulent pas que d'autres fassent le profit qu'ils n'ont pas voulu faire. Cela est dit très clairement dans les documentations et les logiciels eux-mêmes. Ce qui n'empêche pas des sociétés dont le seul but est le profit de ne respecter en aucune manière les volontés des auteurs qui n'ont bien évidemment pas les staffs d'avocats de MicroSoft ou autres multinationales...
D'autres comme les User Groups américains ont une autre politique. L'argent gagné avec la compilation des logiciels (un vrai travail est effectué et non une copie Finder...) est investi dans une activité destinée à procurer aux utilisateurs le support qui leur manque.
Et c'est la façon dont MiCMAC procède depuis avril 85. Nous considérons que la vente de compilations de logiciels du Domaine Public doit retourner au Domaine Public. Nous le faisons sous forme d'une revue que vous avez entre les mains (et certains le savent depuis maintenant plusieurs années).
Le seul problème dans tout cela c'est qu'il semble à peu près impossible de faire vivre une revue de cette façon là en France... Pendant ce temps cependant des sociétés commerciales se portent très bien. Il est vrai qu'elles ont toujours profité du copinage très république bananière de la filiale locale d'une certaine multinationale dont justement le président de cette société est un ancien. Le Domaine Public comme un moyen de rouler en BMW?
MiCMAC croit toujours au ShareWare!
Et même mieux que ça. Nous pensons en effet - et aurons l'occasion d'y revenir, si Mac nous prête vie - qu'il s'agit là de l'expression du futur mode économique dominant de cette planète qui éliminera les parasites. (Rien de moins?!?)
En attendant - vous l'avez peut-être remarqué - nous plaçons nos écrits en Shareware. Cela prouve bien que nous y croyons et du moins nous permettra de vérifier s'il y a des raisons d'y croire. Si cela ne fonctionne pas nous ne serons pas amers car la nature des relations entre les êtres "vivant" sur cette planète n'est plus depuis longtemps un sujet de surprise pour nous.
Et si cette revue peut vivre - et ses auteurs en même temps - nous continuerons à vous signaler les auteurs respectables, qu'ils fassent distribuer leur travail dans le domaine commercial ou le domaine public. Avec une petite préférence pour ce dernier.
Soyez intelligents: contribuez au shareware. C'est vous qui en profiterez aussi. Et nous en profitons pour attirer votre attention sur le programme de Raymond LAU, Stuffit. C'est là un programme dont l'utilité ne saurait vous échapper. Absolument tout le monde a besoin de Stuffit! Alors faites-nous, faites-vous, faites plaisir à Raymond LAU, envoyez lui 20$, pliés dans une enveloppe ou un mandat (pas de chèque please), mais faites-le!


back other top Michel Coste <mic@micmac.com>

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