Nous explorerons brièvement les divers formats graphiques et les
formes de compatibilités qui existent entre eux. Vous comprendrez
bien que ce débat n'est pas formel et qu'il a avant tout un but
pratique. Il s'agit d'utiliser tel logiciel pour faire telle chose (qu'il
fait si bien) et tel autre pour faire autre chose (que le premier ne sait
pas faire...). Le problème qui se pose à tout utilisateur
est "comment faire passer un dessin d'un format à l'autre".
Nous noterons avec intérêt que chaque format graphique principal
est lié à l'existence d'une machine. MacPaint partage son
format avec l'ImageWriter. MacDraw et le PICT correspondent à l'ère
de la LaserWriter; le PostScript à celle de la Linotronic; le TIFF,
lui, est le format de choix des digitaliseurs et scanners.
LE FORMAT PAINT
Au commencement était MacPaint. En ce temps là toute forme
de dessin sur Macintosh passait par cet unique logiciel de dessin. Unique
à plus d'un titre car il s'agissait d'une véritable révolution.
Pour la première fois, (presque) tout le monde pouvait accéder
au fameux (à l'époque) DAO, dessin assisté par computeur...
Et MacPaint fut pour beaucoup d'entre nous la révélation.
Plus que l'intérêt de produire des dessins soi même
c'était l'étendue du concept qui était absolument
séduisante. En effet jusque là il était impossible
d'accéder directement à l'écran d'un computeur et
de modifier celui ci point par point. Or le Macintosh lui même était
(et est encore!) basé sur le bitmap, c'est à dire que chaque
point de l'écran est codé et qu'il est accessible individuellement.
Grâce à la souris et à l'interface graphique il était
désormais possible de faire cela sans avoir recours à la
programmation.
Dans l'univers Macintosh, univers dont l'exploration venait juste de commencer,
MacPaint a longtemps régné en maître dans le domaine
graphique. Et le format MacPaint était universel en ce temps là.
C'est à dire que si vous réalisiez un dessin avec MacPaint,
vous pouviez être sûr qu'en tout autre point de la planète
n'importe quel autre possesseur de Macintosh pouvait l'ouvrir car tout
le monde possédait alors MacPaint car soit le Mac était
livré avec le duo MacWrite/MacPaint, soit vous étiez obligé
de l'acheter car c'était les deux seuls logiciels disponibles...
(Et oui! contrairement à ce qu'affirment certains aujourd'hui,
qui ont la mémoire vacillante ou qui avaient encore plusieurs années
devant eux avant d'émerger du PC ou d'ailleurs, il y eut des mois
"avec" et des mois "sans": Macintosh n'a pas toujours
été livré à ses débuts avec MacWrite/MacPaint,
comme en atteste aujourd'hui encore la facture de notre premier Mac (véritable
pedigree 128K - 1984).
Le format MacPaint est strictement défini par une feuille de travail
de 576 pixels de large sur 720 pixels de haut. Il s'agit là de
la définition de ce format. De même la définition
de l'écran original du Macintosh est de 512 sur 342 pixels alors
que celle du Mac II est de 640 x 480 pixels. Le mot pixel signifie picture
element et désigne le plus petit élément graphique
accessible. C'est en quelque sorte un atome et pour le Macintosh original
il correspond à la fois à un point et à un bit.
La résolution d'un document MacPaint est de 72dpi (c'est à
dire de 72 points par pouce [dots per inch]) et correspond exactement
à celle de l'écran du Macintosh. Nous ajouterons ici qu'il
ne faut pas confondre la définition et la résolution d'un
écran bien qu'on emploie malheureusement invariablement les deux
termes l'un pour l'autre... (voir MiCMAC n°6).
Le type des documents créés par MacPaint et ultérieurement
par des logiciels de dessin analogues est défini par les quatre
lettres PNTG (type), le creator pour MacPaint étant MPNT.
Signalons ici que si le type désigne comme son nom l'indique le
type de document et donc sa compatibilité possible avec d'autres
logiciels, le creator donne son icône au document (ce qui permet
le lancement du logiciel approprié). (Cela est également
valable pour tout autre logiciel sur Macintosh.)
Le format MacPaint est devenu le format de base des logiciels bitmap,
c'est à dire de tous ceux qui travaillent point par point. Mais
il est encore aussi le format graphique le plus présent dans les
divers logiciels (le seul rideau de fer absolu reste pour l'instant entre
le format PAINT et les logiciels qui travaillent dans le format PostScript
mais cela ne saurait subsister longtemps). Le format PAINT est donc encore
quasiment universel car le plus petit commun dénominateur. Et de
toute façon tout écran peut être réduit à
une copie d'écran, c'est à dire à un document MacPaint...
On peut dire pour terminer que ce format est le format correspondant à
l'imprimante ImageWriter.
LE FORMAT PICT ET
LE LOGICIEL DRAW
PICT est le second format à être apparu sous forme de logiciel
mais évidemment présent depuis l'origine puisqu'il est le
format de base du presse-papiers (clipboard) et de l'album.
C'est MacDraw - très longtemps seul dépositaire de ce format
et disponible uniquement en version buguée - qui a symbolisé
pendant cette même période l'adhésion ou bien la défiance
envers ce format. Adhésion pour certains car il était enfin
possible d'utiliser une plus grande résolution, celle de la LaserWriter.
Défiance car, pour d'autres il n'était pas si convivial
que MacPaint... Et nous connaissons des personnes qui sont encore réticentes
à ce format (il est vrai qu'elles n'utilisent pas de LaserWriter).
Peu importe aujourd'hui, un très grand nombre de logiciels acceptent
le format PICT. A vrai dire MacDraw avait un format interne (ou "propriétaire")
DRAW mais celui-ci a été boudé par les autres à
l'exception notoire de Cricket Draw. Et en fait PICT semble avoir été
conçu dès le début comme mode de communication entre
les logiciels graphiques.
La grosse différence entre PAINT et PICT c'est que dans le second
cas il y a manipulation d'objets et non de points. Cela a l'inconvénient
d'être moins modifiable car on ne peut utiliser la gomme mais a
aussi l'avantage d'être plus modifiable (!) car on peut par exemple
déplacer un cercle après sa création et cela relativement
à tous les autres objets ainsi que passer un objet au premier ou
au second plan.
En pratique il y a en fait deux formats PICT. Le format PICT objets dont
nous venons (brièvement de parler) et le format PICT image qui
est le format le plus universel car celui du presse papiers et également
de l'album. Le format PICT image est en fait un seul objet au lieu d'une
collection d'objets.
Récemment le format PICT a été enrichi par Apple
et sous le nom de PICT 2 (toujours identifié cependant sous le
type PICT). Il y a compatibilité ascendante entre les deux formats
et descendante (avec perte de certains attributs). Ces attributs sont
justement les niveaux de gris et la couleur.
Le format QuickDraw
directement représenté par Glue.
Il s'agit là d'une extension tout à fait particulière
du PICT, car le logiciel Glue est capable de créer une image à
partir de tout logiciel qui possède les fonctions d'impression.
Tout ce qui est habituellement dirigé vers l'imprimante est dirigé
sur disque et vous pouvez ainsi avoir une image graphique issue d'un logiciel
qui ne possède aucune possibilité graphique. Ainsi vous
pouvez insérer l'image d'une page à imprimer issue d'un
logiciel dans un autre logiciel et cela par le presse papiers... Le tout
à la résolution de QuickDraw car il ne s'agit pas du tout
d'une vulgaire copie d'écran mais d'un fichier graphique qui possède
toutes les descriptions QuickDraw normalement destinées à
l'imprimante. Ce format échappe donc un peu à notre sujet
d'aujourd'hui mais nous aurons l'occasion d'y revenir.
LE FORMAT TIFF
Il s'agit d'un standard créé par Aldus et quelques autres
sociétés d'éditeurs de logiciels graphiques US.
TIFF n'est pas supporté par Apple, qui d'ailleurs ne supporte même
pas son propre format PICT 2 (MacDraw II y est allergique).
TIFF a été avant tout créé pour fournir un
format adéquat aux divers scanners. Il y a d'ailleurs plusieurs
formats de TIFF incompatibles entre eux comme vous pourrez le voir en
consultant notre tableau.
Il y a en effet le TIFF bitmat (codé sur un bit) et le TIFF à
niveau de gris (qui peut interpréter 256 niveaux de gris). La dernière
version de TIFF utilise même la couleur.
LE FORMAT POSTSCRIPT
PostScript est actuellement le format le plus particulier car il ne communique
guère avec les autres formats. Disons qu'il peut être en
concurrence avec TIFF dans certains domaines. En particulier dans celui
de la transmission de la photo à l'impression où PostScript
semble être plus performant.
De plus PostScript se taille la part du lion dans le domaine de la création
graphique avec des logiciels comme Illustrator ou FreeHand (eh oui).
Nous étions assez réticents il y a quelque temps sur les
courbes de Bézier, cependant nous avons changé d'avis dans
ce domaine. Il faut dire que la pénurie mondiale de composants
déclenchée par le gâtisme de Reagan n'y est pas pour
rien. Il se pourrait par exemple que le Mac plus disparaisse, sans jamais
avoir atteint les limites possible de sa mémoire (4 mégas),
ce qui est un comble. Pour en revenir à notre sujet disons que
la pénurie de mémoire fait que QuickDraw n'est pas prêt
de rattraper son retard sur PostScript.
LE TABLEAU
Nous avons exclus volontairement des logiciels graphiques tels MacBillboard
et Mac Calligraphy qui ne reconnaissent que le format MacPaint.
Il y a beaucoup d'informations contenues dans ce tableau. A vous de les
trouver par rapport aux logiciels que vous avez déjà et
ceux qui vous intéressent. Cependant voici quelques indications
pour vous aider.
Une croix sur une ligne horizontale semble indiquer que c'est le logiciel
concerné (en haut de la ligne verticale) qui a des problèmes.
Par contre une série de croix sur une ligne horizontale indique
que c'est le format qui n'est pas vraiment correct. Ainsi on peut voir
que le format PAINT créé par Modern Artist a quelque problème!
De même le logiciel Canvas semble avoir des problèmes pour
ouvrir le format PICT mais il a aussi des problèmes pour faire
ouvrir son format PICT par les autres! Ce n'est pas un logiciel très
partageux! Espérons que cela sera résolu avec la version
2.0 (non encore parue au moment où nous mettons sous presse.
Nous aurons évidemment l'occasion de revenir sur tout cela très
bientôt.