|
Les premiers compatibles MacintoshTM... signés Apple® |
||||||||||||||||||||
|
|
|
|
||||||||||||||||||
|
|
Le 2 mars 1987, à la Conférence Apple World, qui se tenait à Los Angeles, la capitale des stars, Apple a annoncé officiellement ce qui se révèle être les deux premiers compatibles Macintosh sur le marché. Nous n'allons pas répéter ad nauseum leurs caractéristiques que vous trouverez en long et en large dans toutes les autres revues (cf. l'excellent rapport fait par Apple même dans l'"Echo des Apple"). Comme nous avons pu essayer ces deux modèles nous tenterons une analyse plus poussée et en profiterons pour dire ce qui ne sera pas dit ailleurs. Nous avons dit "compatible" car le concept de base du Macintosh n'est pas entièrement respecté. Une des caractéristiques fondamentales du Macintosh était que la machine soit compacte et silencieuse. Steve Jobs tenait absolument à ces deux caractéristiques. Or le SE comprend un ventilateur, même dans la version sans disque dur. Quant au Mac II, il n'est pas vraiment transportable et c'est en fait un nouveau modèle qui intègre un Macintosh (le rapport de filiation Lisa/Mac inversé mais en beaucoup plus cohérent). Quant à leur apparence physique... on ne peut plus décemment tomber amoureux d'un nouveau modèle de Macintosh. Nous comprenons qu'il était difficile d'incorporer dans le design original deux drives sur la face avant, mais le nouveau designer n'a pas réussi son coup. Les rayures sont assez malvenues. Et comme Mac a été défiguré pour placer un second lecteur, alors qu'il apparaît que les ventes du SE vont porter à 90% sur le modèle avec disque dur, on peut penser que cette mutilation est inutile! Le II est vraiment trop carré et prend la place de deux Macintosh (ce qui est un gain de place me direz vous car il est quatre fois plus rapide!). Par contre leur couleur maintes fois annoncée comme grise est en fait beige clair, c'est-à-dire le beige Apple auquel nous sommes habitués sans les nuances jaune vert . Le résultat n'est pas déplaisant du tout et sans point de comparaison on ne s'aperçoit pas du changement. Que ceux qui craignaient un gris du genre TRS 80 se rassurent! Mac SE Quant on ouvre le SE on ne trouve plus au fond du coffret les signatures des 46 membres du Team Macintosh mais plus prosaïquement l'inscription "TOHOKU, MUNEKATA CO, LTD MUNEKATA CO, LTD OSAKA"... Comme on dit aux States "the Romance is over". La Carte a été entièrement redessinée ainsi que tout l'intérieur. Il y a un véritable connecteur SCSI à 50 broches à l'intérieur. Le son est plus clair car le haut-parleur est à l'avant ainsi que les SIMMS de RAM. Il y a tellement peu de place au dessus de celles-ci (à cause du nouvel emplacement sur-baissé du drive) que sans doute peu d'extensions mémoire existantes y trouveront leur place... Il n'y a pas eu de changement au niveau du son. Donc tous les programmes musicaux et MIDI doivent fonctionner. La rapidité a été améliorée de 15 à 20 % affirme Apple. Cela semble correct subjectivement quand on essaye la machine. Mais cela est difficile à mesurer objectivement. L'Alimentation est universelle et doit fonctionner dans tous les pays sans modification (ce qui est un progrès essentiellement pour les américains car un Mac français pouvait fonctionner tel quel aux USA). Le nouveau Clavier est assez agréable au toucher; on s'y habitue vite. Heureusement son design ne ressemble pas à celui du GS. Il comporte de nouvelles touches Contrôle et Escape qui ne serviront pas à beaucoup... si ce n'est qu'elles existent sur IBM PC. Et plus malencontreusement une nouvelle répartition des attributions des touches; ainsi le signe TM n'est plus obtenu avec la séquence Option-E mais avec Option-Shift-T. Ainsi de suite... Par ailleurs on n'a plus la virgule, etc... avec la touche verrouillage... On se serait bien passé de ces changements qui n'apportent aucun avantage mais très certainement des problèmes! Les changements portant sur le clavier seraient-ils l'indice qu'Apple s'intéresse plus aux millions d'acheteurs hypothétiques à venir plutôt qu'au million d'utilisateurs actuels? Ce serait dans ce cas une erreur de tactique. Ce n'est pas par des concessions que Macintosh a gagné jusqu'à présent. Ajoutons cependant qu'il se peut que tous ces changements aient été nécessaires pour corriger l'étrange comportement du clavier numérique (sans doute lui-même justifié par le besoin de compatibilité avec Lisa...). Les nouvelles ROMs sont dans deux boîtiers de 128 K. Elles ne sont pas réellement de 256 K mais de 160K. L'ajout du Desktop Manager (nouveau type de connection des périphériques d'entrée dont le clavier) ainsi que la modification Hardware empêchent qu'elles soient transportées sur un Mac Plus... Telle est l'explication officielle. Mais était-ce vraiment impossible? L'immense majorité des Logiciels tourne sur le SE. Seuls ceux qui utilisaient les buffers alternatifs d'écran ou de son restent sur la touche. Ainsi que tous les logiciels protégés de façon outrancière (bien fait pour eux - MiCMAC est piraté mais ne se protège pas!). Risque de problèmes également avec tous les logiciels dont l'emploi est lié à l'usage du clavier. Stratégie d'Achat. MAC II C'est là la nouveauté réellement intéressante! Nous passerons sur son aspect physique... De toute façon devant un Mac on a le regard fixé sur l'écran et puis, un Mac en couleurs... (et comme un proverbe le dit si bien chez les computeurs: "l'écran est le miroir de l'âme"). Par ailleurs il faut ajouter que s'il est moins bien réussi que le Mac original, il est bien plus beau que la plupart des "trois pièces" et notamment que le nouveau IBM! Mac II vient en KIT en quelque sorte. C'est l'acheteur qui choisit les diverses composantes de son système. Apple propose un minimum, mais pour l'instant la configuration "maximum" ne peut être atteinte qu'avec des sociétés extérieures à Apple comme nous le verrons plus loin. Nous commencerons par ce que vous attendez tous: LES PRIX. Voici nos estimations des prix des configurations (basées sur le "dollar Apple" à 8.50F ):
Si vous pensez qu'Apple met la barre un peu haut sachez que le nouveau IBM PC qui répond au joli nom de "PS/2" dans la configuration analogue (mais sans interface graphique et avec des possibilités moindres) coûte la bagatelle de 1800$ de plus... Pour ceux qui veulent le maximum dès le départ, sachez que SuperMac est le premier à commercialiser cartes et écrans: Carte monochrome - "Graphix", programmable de 480x640 à 768x1024, permet l'utilisation de n'importe quel moniteur monochrome haute résolution analogique ou TTL. Prix 495$. Nous disions "haut de gamme pour l'instant" car Mac II peut supporter des cartes vidéo de 16 et 32 bits (permettant ainsi l'emploi simultané des 16 millions de couleurs disponibles...) mais ceci est encore du délire considérant la quantité de mémoire nécessaire et son prix! MacII a été développé dans une période de 18 mois par une équipe de 4 ingénieurs Hard et 150 ingénieurs Soft. Une équipe supplémentaire de 90 personnes s'occupe de tester tous les logiciels Mac existant. Donc du travail fonctionnalisé... [Le team Macintosh original avait fait faire un bond révolutionnaire à la micro avec pratiquement 10 fois moins de personnes] La Configuration de départ est de un méga octets avec une rangée pleine de 4 SIMMS de RAM 256K. Les deux rangées pleines avec des RAM 1 M portent la mémoire à 8 M. Celle-ci pourra être étendue à 128 M (!) sur la carte mère lorsque les RAM 16M seront disponibles (!). Avec des cartes dans les connecteurs la capacité mémoire devient 2 Gigaoctets... Les slots sont des connecteurs aux normes NuBus (créées par le MIT et développées par Texas Instrument). La puce qui contient le contrôleur IWM est sur support... Les ROMs du Mac II contiennent tout ce que contiennent celles du SE (sauf un certain nombre de ressources), avec en plus Color QuickDraw, Color Manager, Slot Manager, ainsi que des différences dues au différent Hardware, par exemple au niveau du Startup Code et du SCSI Manager. Mais cela ne fait pas de différence au niveau de la programmation. Leur taille est de 180K en deux boîtiers de 128 K. QuicDraw, outre la couleur a été réécrit pour le 68020 et est beaucoup plus rapide. Le scrolling du noir et blanc est maintenant parfait. La Vidéo et la Couleur. La carte vidéo de base, qui permet 16 couleurs différentes en même temps (sur une palette de 16,8 Millions) ou 16 teintes de gris, comprend 256 K de RAM. L'extension vidéo comprend également 256K de RAM et permet 256 couleurs ou 256 teintes de gris. Les couleurs sont extraordinaires. Une possibilité fabuleuse est la connection possible de SIX moniteurs sur un seul Mac II permettant à un logiciel d'ouvrir SIX fenêtres différentes - une sur chaque écran! Et l'on peut faire glisser ces fenêtres d'un écran sur l'autre comme pour le FPD de Radius... Le moniteur couleur utilisé en noir et blanc est superbe: la seule différence avec un "vrai" noir et blanc est la présence de la pomme en couleur en haut à gauche! (Cette performance ne s'obtenait jusqu'à présent que sur des appareils 10 Fois plus chers). Quelle différence avec la couleur baveuse que l'on rencontrait jusqu'à présent sur le marché de la micro! C'est un accessoire de bureau (dans le tableau de bord modulaire) qui permet à l'utilisateur de choisir lui-même le nombre de bits souhaités par pixel de couleurs. Cependant l'interface nécessaire pour choisir votre palette de couleurs parmi les seize millions disponibles n'est pas encore fixée. Mais il est prévu la possibilité de "mélanger" les couleurs comme dans la réalité! (bleu + jaune = vert).La table de sélection (CLUT) étant en RAM, toutes les applications utiliseront votre palette... Les cartes actuelles sont chunky. L'indexation des couleurs se fait dans le CLUT (Color LookUp Table) de valeur de 24 bits. Pour pouvoir supporter l'affichage simultané, au moyen de différents moniteurs de différents constructeurs, chaque carte vidéo doit avoir un driver vidéo qui s'occupe d'adapter le mapping 48 bits RGB aux possibilités de chaque dispositif. Il est possible d'avoir des cartes avec un nombre fixe de couleurs ou bien des cartes RGB direct. Grâce à cette approche super intelligente Apple bat de loin la solution choisie par IBM dans son nouveau PS/2 présenté le 1 avril (cela n'empêche pas une revue d'affirmer de façon tout à fait ridicule que IBM place la barre de la couleur très haut! [que l'on juge plutôt: IBM - possibilités maximum: définition 320x200 - 256 couleurs sur une palette de 262 144... Apple MAC II - possibilités moyennes: définition 768x1024 - 256 couleurs sur une palette de 16 777 216...] l'aveuglement conduit parfois au crétinisme). La solution choisie par Apple, outre l'immensité des possibilités, permet à la fois l'emploi de carte bon marché (soit monochrome soit à nombre fixe de couleurs) et l'emploi de cartes de très haut niveau (classe analogue aux stations de travail Sun ou Apollo). Le Son. Le circuit du son comprend quatre voies stéréo simultanées (quadriphonie?) de qualité équivalente au Compact Disk! Il peut manipuler des sons de forme libre, à ondes carrées et des sons MIDI. La puce s'appelle ASC (Apple Sound Chip). Le ASC permet le play back en stéréo ou synthèse à quatre voies. Il sera très facile d'aller à 16 voies par soft. Dans les deux modes l'échantillonnage est à 8 bits et la classe d'échantillonnage est soit 44.1 KHz, soit 22.54 KHz (comme le Macintosh classique). Les sections analogiques sont très clean (sans bruit de fond ni pop sonore). La sortie stéréo est doublée, au niveau "ligne" et au niveau "casque" (ou enceintes amplifiées). On peut s'attendre, dans les années à venir, à trouver des unités d'enregistrement musical entièrement basées sur Mac II! L'Alimentation est de 150 watts ce qui permet de supporter les cartes additionnelles. Elle est évidemment internationale: elle se configure automatiquement de 80 à 270 volt, 42 à 62 Hz.Ceci vaut également pour le moniteur car celui-ci se branche dans le dos du MacII. Les switch de reset et d'interrupt se trouvent à droite... On met en marche la machine en appuyant sur une touche au dessus du clavier (celle que vous connaissez déjà sur le clavier du SE qui est le même).La seule façon d'éteindre est le "Shutdown"... Total Soft Control! Les Programmes. Les softs peuvent tourner sans moniteur puisque la carte vidéo n'est qu'en option [simulation faite par le VIA2]. On peut utiliser (sans changement dans les programmes) plusieurs moniteurs en même temps... Les programmes pour Macintosh sont opérés dans le mode 24 bits tandis que ceux spécifiquement pour le II le seront en 32 bits. |
|||||||||||||||||||
|
Michel Coste <mic@micmac.com>
© 1987 - 2010 MiCMAC - Michel Coste |
||||||||||||||||||||